A selection of Satprem's letters to Yolande Lemoine along with some relevant notes
Satprem et Sujata veulent les lettres de Yolande.
30.12.98
Yolande,
Nous avons vos lettres à nous. Ce sont les lettres que nous, Satprem, vous avons écrit qui manquent. Ça laisserait un très gros trou sans celles-là.
Bonne année Yolande, vous êtes aimée même si vous ne le croyez pas.
Sujata
(Lettre de Yolande à Satprem et Sujata)
Paris le 21/1/1999
À Satprem et Sujata
… Revu hier André Brincourt guéri de son cancer. Il aurait une centaine de lettres de vous.
Appelé Frédéric, prêt à témoigner pour la réédition de « Sept jours en Inde ».
Appris que Jean-Marie me cherchait au sujet des lettres de Carmen.
Laisse tomber tout projet de filer et autres « aventures ».
Ce que je n’ai pu faire, d’autres le feront.
La joie demeure au milieu des écoles 4 fois par jour, des petits et des bébés à naître chez mes nièces.
Ma seule sortie rechargeable, le tombeau parsi de Jeh1, croulant sous les fleurs de l’unité à chaque anniversaire de naissance et de départ.
Je souhaite de tout cœur pour vous, après le prix Alexandra David-Néel, que l’on sache
Qui est Sri Aurobindo
Qui est Mère
Quel est le scribe qui a osé tracer le sillon.
Mes vœux affectueux …
Yolande
1 au cimetière du Père-Lachaise à Paris
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Le 6 mars 1999
Chère Yolande,
… L’affection dans nos cœurs ne change pas. C’est toujours là, stable, inchangé. Satprem ne cesse pas de dire combien d’affection il a pour Yolande dans son cœur.
Nous pensons souvent à vous. Demain, le 7 mars, c’est votre jour d’anniversaire. Nous serons avec vous.
Que Mère vous entoure.
Satprem vous souhaite que la paix et le silence soient avec vous.
29 juillet 99
Bizarre… Je me suis réveillé ce matin avec votre pensée et c’était affectueux – dans la profondeur, mon cœur reste toujours pareil à ce qu’il était depuis… je ne sais pas, des siècles. Mes sentiments sont très peu « humains » au sens où les gens l’entendent – ça s’en va très loin dans le temps et dans l’espace.
Bref, je dis à Sujata cette pensée de vous qui m’est venue inopinément, et elle me dit « Mais c’est aujourd’hui le jour de Jeh Tata, son anniversaire. » !
Moi, qui ne me souviens jamais des dates, à moins qu’elles ne s’en aillent dans la vallée du Nil ou du Gange !
C’est vraiment dommage qu’il y ait eu cet interlude « idiosyncrasique » (comme dit Mère) à propos de vétilles qui m’obligeaient à vous écrire et réécrire inutilement (et difficilement dans l’état de mon corps). Oh ! Yolande, passons dans la grande dimension des choses où vous avez joué un rôle bénéfique – cela je ne l’oublie pas. Chacun joue son rôle et aide à la grande Histoire qui se joue sur la terre à travers
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quelques instruments de bonne volonté qui se sont donnés. Cette Histoire devient très « serrée », et cruelle sous des minois démocratiques et que sais-je – le vieux Mensonge jette sa purulence avant d’être nettoyé une fois pour toutes : « Et ça sort, et ça sort » disait Mère. J’ai tenté de le dire plus d’une fois. Et on continue obstinément à travailler pour que cet épisode terrestre arrive à sa fin. Plus c’est dégoûtant et laid, plus c’est le signe que ces vieilles Forces hideuses se débattent devant leur mort.
Voilà, je vous souhaite bonne santé et bon courage – plus nous « vieillissons », nous, plus nous débouchons dans le Large d’où nous venons et où nous allons sans fin.
Mon amour profond reste avec vous.
Satprem
20 décembre 99
Oui, on vous aime. Il y a un étrange oiseau en vous comme moi ! Je suis content de vous avoir retrouvée. Comme les oiseaux on entend toujours les appels, on est à l’écoute.
Je suis à l’écoute d’un monde douloureux, finissant, et d’un autre qui appelle, inconnu, mystérieux, mais qui se bâtit jour après jour, envers et contre tout. Ça se bâtit dans un corps qui résiste mais qui désespérément que toutes ces veutpeines ne soient pas en vain. J’ai écrit (juste terminé) un dernier « conte » pour tenter de dire une fois de plus ce chemin sans chemin, cette merveilleuse Énigme qui est en train de se déverser dangereusement sur cette terre. Les décades passent… Depuis 73, quel chemin !
J’avais écrit la « Légende de l’Avenir » au début 98, et ça doit sortir, paraît-il, en février 2000… (entretemps j’ai écrit « Néanderthal »), cela devient de plus en plus difficile de se
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faire publier, mon ami Robert Laffont comprenait très bien ce que je tentais de dire, mais sa Maison lui échappe, entre les mains d’un « gros » affairiste technocrate qui ne s’intéresse guère qu’au chiffre de vente. Robert a dû pousser très fort pour faire sortir cette « Légende ». Sans Robert, je crois que je n’aurais jamais pu faire sortir quoi que ce soit ni faire passer un peu Sri Aurobindo et Mère dans ce monde obscur. Alors ce dernier « conte » ?… Peut-être qu’il se manifestera directement dans la Matière et les évènements ! On essaye, j’ai passé ma vie à essayer les choses les plus impossibles.
Micheline – je viens de l’apprendre – s’est cassé le bras (douloureusement) après avoir fait un énorme boulot, conférences, etc. à Genève (à l’Université, je crois) et fait vendre beaucoup de livres de Sri Aurobindo, Mère, et votre serviteur… Evidemment c’était trop de pression. On lui a mis des broches dans le bras après 1h30 d’opération difficile. Il lui faudra environ 1 mois pour se remettre de ce choc.
Micheline m’a appris aussi que l’on avait réimprimé « 7 jours en Inde » en rajoutant ma lettre (je crois) à F. de Towarnicki – je garde toujours Frédéric dans un coin de mon cœur, et je n’oublie jamais André Brincourt. Oui, je me souviens que j’écrivais à Jane (et à lui) dans ces années si terribles, pour tenter de « faire comprendre » l’Enjeu. J’ai eu là vraiment, et bien grâce à vous, des aides inestimables. Mais Jeh reste mon grand regret pour l’Inde, qui est en pleine dégringolade, si l’on avait eu un Premier Ministre comme lui, cela aurait été un grand tournant. Mais probablement il faut aller au bout de la pourriture avant que ça change. On travaille pour cela, et M., N. font un énorme boulot pour défaire cette emprise démoniaque, anti-hindoue, sur l’Inde. Mon « conte » vous dira peut-être des choses plus « librement » s’il sort jamais.
Je n’oublie pas cette très chère Rachel et Bibi – c’est dommage que je ne puisse plus voir quiconque, mais le travail dans le corps est trop difficile et… périlleux. Le seul « secret » que je veuille garder, c’est celui de mon lieu de résidence : je suis très
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visé par des Forces cruelles qui voudraient bien me détruire si elles pouvaient.
Voilà mes « nouvelles », sans nouvelles, sauf que je vous aime et tous ces frères et sœurs très chers qui m’ont bien soutenu et réconforté.
Avec Sujata, je vous embrasse.
On travaille pour l’Avenir.
Ce n’est pas un nouveau millénaire, c’est un autre Âge.
13 février 00000
Une pensée me poursuit. J’avais écrit à ma cousine Annie (la fille de la sœur de ma mère si chère) une lettre outragée lorsque j’ai appris cette « marée noire » sur Belle-Île et la Bretagne, j’ai laissé à la fois couler mon cœur et ma question pour cette « humanité » en voie de destruction, et surtout pour cette Terre de Beauté qu’ils pillent et ravagent, pire que les grands Envahisseurs barbares d’antan. Je me souviens de Malraux : « Je vois en Europe une barbarie soigneusement organisée ». Et tout d’un coup aussi, mais sur un autre plan qui semble englober toute notre terre dans sa nouvelle « terreur » qui n’est pas de notre vieille révolution française – il n’y a plus de Révolution, il y a seulement des assassins partout… C’est de Gaulle qui confiait à son ministre Peyrefitte à propos de son village, Colombey-les-Deux-Eglises : « Est-ce que ce ne sera pas bientôt Colombey-les-Deux-Mosquées ?? ».
Alors cette « marée noire » m’a mis devant la question même que je vis depuis un demi-siècle et plus, et qui presseétrangle maintenant toute notre verte terre, et j’ai laissé couler
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mon cœur dans cette lettre à Annie… J’aurais voulu crier cela sur tous les toits, et je l’envoie sur votre toit – tant pis ! Mais nous sommes tous, avec ou sans mazout, dans une immense Marée Noire de Conscience (ou d’Inconscience plutôt) et le temps presse.
Je vous embrasse et ne vous quitte pas. Sujata vous envoie son sourire, si rassurant au milieu de cette Bataille pour l’Avenir de la Terre.
6 mai 00000
Chère Yolande, bien chère,
Je suis très conscient de vos rencontres « radioactives » et de votre aide sur le chemin – cet impossible chemin qu’il faut rendre possible, chaque jour et chaque minute, pour la terre. C’est assez écrasant et miraculeux pour un corps. Mais on est Breton et obstiné, et puis quoi… Ils m’ont tout donné avec tant d’amour et de Grâce quand j’étais un misérable et désespéré et petit bonhomme… Sans Eux, il n’y avait RIEN que ce monde suicidaire et de plus en plus cruel. On se demande comment ça tient encore debout.
Mais j’ai senti une note peinée à la fin de votre lettre : « Je ne peux vous demander de vos nouvelles. Je ne peux vous rencontrer. Je communique rarement avec vous. Mais j’ai une telle foi… »
Oui, je sais, chère Yo, Sujata et moi avons senti plus d’une fois le regret de ne pouvoir vous rencontrer, mais je n’avais pas le choix, je ne pouvais pas et je peux de moins en moins m’arracher à ce yoga difficile, périlleux, qui est le seul espoir pour la terre après tous ces âges interminables qui se répètent et se répètent avec leur mort et leur non-sens cruel. Il faut sortir de là, il faut qu’un être humain, au moins, fasse les premiers pas sur ce terrible chemin que Mère et Sri Aurobindo ont ouvert
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avec tout le sang de leur corps et de leur vie au milieu d’une incompréhension totale et d’une opposition générale – on n’allait pas recommencer les petits Ashrams…
Alors je me bats, un peu avec tout et surtout avec mon propre corps. Alors je ne pouvais pas ouvrir mes portes et dire bonjour à Yolande que j’aurais pourtant bien aimé d’embrasser. On se donne, c’est tout, à cet Avenir qu’il faut conquérir de haute lutteet par amour pour la terre.
Je vous embrasse avec Sujata.
Oui, Laurence veut faire du bon travail, elle est sincère 1et il y a de l’amour dans son cœur. Et puis il y a Frédéric, André Brincourt, et Anne Denieul et Rachel et Bibi… et… on n’oublie pas ceux-là qui nous ont souri un moment, ils restent tous dans notre cœur.
Janvier 2001
Voici venir le temps du Nouveau. Un nouveau mois, un nouvel an, un nouveau siècle, un nouveau millénaire.
Mais qu’y a-t-il de nouveau dans le quotidien ? C’est cela notre travail. Remplir le quotidien du merveilleux Nouveau. C’est une joie de savoir que Yolande participe à ce travail. Elle a toujours participé.
Avec la joie profonde d’avoir une telle amie.
1 Laurence de la Baume. Elle publiera , Édi-Satprem, l’homme de l’espoirtions Oxus, 2003.
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Vous serez contente de savoir que Satprem a terminé sa traduction du « Livre sept » de Savitri. Le « Carnet d’une 1Apocalypse » est à l’imprimerie. De mon côté le « Livre six » des Chroniques s’apprête pour l’imprimerie. 2
27 janvier 01
Chère Yo,
Oui, je pense à vous bien souvent en dépit de mon silence – Leur silence qui m’emplit lentement mais impérieusement de la nouvelle Source des hommes, s’ils ont assez soif pour se pencher sur ce trou qui n’a besoin de rien, creusé par Mère et Sri Aurobindo. Il se pourrait bien que ce soit aussi un trou dans sa vieille géologie ! Mais en tout cas dans sa conscience en ruines.
Je travaille là-dedans, de tout mon corps et de tout mon cœur et je n’oublie jamais l’aide que vous avez apportée à notre travail. J’aimerais le dire aussi aux vrais amis, à Frédéric de Towarnicki, à André Brincourt, Anne Denieul et Rachel et… Bibi, tout un si gentil monde que j’aimerais embrasser. Mère m’embrasse avec Sujata, alors Elle vous embrasse aussi. J’essaye d’écrire encore pour tenter de faire sentir la Merveille qui nous attend.
On ne se quitte pas.
Laurence de la Baume essaye de faire un grand travail béni.
1 Sri Aurobindo, , en 12 livres, raconte en Savitri – A Legend and a Symbol24 000 lignes d’une poésie gnostique-mystique de l’Avenir, la Victoire de l’Amour sur la mort.
2 Sujata Nahar, , trad. de l’anglais, Buchet-Chastel.Les Chroniques de Mère
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Le 2 février 2002
Nous voici dans le mois de Mère. Le deuxième mois de cette année nouvelle. Nous avons reçu des nouvelles de beaucoup d’amis – et de famille – mais rien de notre chère Yolande. Vous nous avez oubliés ? Mais nous ne vous oublions pas. Que faites-vous ? Au moins vous vous portez bien ? Notre amour, notre affection va à vous.
Satprem prépare le « Carnet 4 ». Il travaille beaucoup. Son corps se fatigue vite. Ce corps subit beaucoup.
Bien d’affection.
4 février 2002
Yo, Chère Yo,
J’ai seulement mon affection, ma tendresse profonde pardelà les étoiles qui filent vers l’Inconnu de demain.
Mais on vit cet inconnu passionnant et plus véridique que le présent. On travaille pour le Nouveau.
Avec vous dans le sourire de Mère.
Portez-vous courageusement.
Le 18 mai 2002
Le banal et le quotidien ? Oui, c’est émerveillant quand on sait regarder. Il n’y a, à vrai dire, rien de banal. La moindre rencontre, le moindre geste, la pensée fugitive, tout est plein de merveilles si on sait regarder, écouter. Écouter, oui. Il y a un silence reposant, il y a une musique au fond des choses.
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Les mémoires viennent en vagues avec leurs écumes, puis les vagues se retirent laissant des coquillages ou de simples dessins sur la plage. J’ai ramassé beaucoup de beaux coquillages : Yolande, Maneck, Bibi et tant d’autres. Ces dons de la vie sur 1ma plage me sont plus chers que les plus beaux joyaux.
En ce qui concerne les rencontres, l’état corporel de Satprem ne les permet pas. Son corps est écrasé par la Force qu’il subit. C’est presque un constant gémissement. En fait c’est comme ça depuis le mois d’octobre – quand les américains ont commencé leurs bombardements en Afghanistan. Voyons ce que le Divin veut pour le monde.
Le « Carnet 4 » (1984) est à l’imprimerie. Donnez de vos nouvelles de temps en temps au moins. Car même si vous ne le savez pas, vous restez dans nos cœurs.
Le Divin veut le changement de la terre, un être Nouveau. On vous aime.
9 février 2003
Pour vous épargner mon écriture illisible je vous envoie une copie dactylographiée.
Chère, bien chère Yolande,
J’étais tout ému de retrouver votre écriture elliptique et toujours fantastique dans le grand Conte de la Terre ou son Aventure qui est en train de se dérouler sordidement pour nous obliger à faire le Choix final et décisif entre cette vieille Espèce moribonde et son Avenir merveilleux.
1 Maneck d’Oncieu épouse d’un ami ancien de Satprem, un marquis français, Bernard d’Oncieu de Chaffardon. Satprem parle dans et l’Agendaaussi dans ses de ce « gentleman-aventurier au cœur Lettres d’un Insoumisnoble et chaleureux ».
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Cette Terre, c’est vraiment un grand Défi du Divin à Luimême. Voyons, où êtes-vous ? Ici ou là ? On travaille ici à relever ce Défi et à cœur et âme, sortir de ces décombres vouloir, « humains » qui ne sont plus des Hommes mais une sorte de vilaine Horreur entre-deux… Tiens ! à propos, je viens d’écrire une nouvelle Préface à la nouvelle réédition de « L’Aventure de la Conscience ». Je suis toujours, et de toujours, l’aventurier de l’Inconnu qui est en train de se dérouler sous nos pas. Quel merveilleux Chemin Mère et Sri Aurobindo ont frayé dans cette Forêt Vierge de l’Avenir. Et je me souviens tendrement de la Grande Aide que vous avez apportée à notre travail lorsque je travaillais et me débattais seul après le départ de Mère, contre une meute de Sycophantes qui voulaient faire une « nouvelle religion » de Sri Aurobindo et me tuer si possible pour établir leur règne, et je me souviens avec gratitude de l’aide qu’a apportée J.R.D. Tata, et vos amis journalistes et écrivains à Paris. Cette vieille gratitude vous reste fidèlement. Vous bien qui est quoi. compreniez
Et cette fois-ci dans mes derniers « Carnets » de 85 qui sortiront cet hiver, j’ai pu rescaper une dernière conversation avec vous, cela me console de la disparition de ces lettres avec vous que l’« on » a voulu enlever1. J’aimais bien Yolande et je suis tout heureux et ému de la retrouver. Yolande est toujours là dans un bout de ce vieux corps et ce vieux cœur qu’ils ont voulu déchiqueter, comme quoi l’Horreur est toujours un invisible complice qui vous oblige à sauter dans l’Avenir ou à mourir pour de bon…
Avec Yolande nous restons complices de l’Avenir inconnu. Oui, quand on est sincère, tout est organisé par Mère dans le moindre détail.
Je remercie cette « conjonction d’étoiles » qui nous remet sur le même Chemin. J’aurais aimé aider Sophie ou Laurence mais l’écrasement de mon corps dans ce Yoga de la Puissance supramentale m’empêche de voir ou de recevoir quiconque. Ma Douce Sujata aimée veille sur moi et me porte avec Mère
1 Note manuscrite de Yolande dans la marge de la lettre originale « Qui ??? ».
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à travers les embûches et menaces de Titans qui voudraient bien empêcher ou détruire la Suite de la Grande Histoire ou du grand Conte inachevé de Mère et de Sri Aurobindo. On continue avec ce merveilleux Amour dans le cœur.
Et Yolande est dans cet Amour
P.S. : Si vous m’écrivez, vous pouvez m’écrire à directement mon adresse personnelle sans passe par quiconque « D. » ou 1autres. C’est entre nous :
Satprem-Sujata Land’s End Longwood Shola KOTAGIRI (Nilgiris) 643217 T. N. India
Le 10 février 2003
Buchet va sortir une nouvelle édition de « L’Aventure de la Conscience ». Satprem a écrit une nouvelle préface.
Le « Carnet » 1985 en préparation. Avons bon espoir de 2pouvoir l’envoyer pour l’imprimerie au mois de mars.
Suis très prise par la matière. Peux pas m’asseoir à mon livre, les « Chroniques ». Bon, ça passera.
Portez-vous bien.
1 Départ de Michel D. de Kotagiri.
2 .Carnets d’une Apocalypse
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21 septembre 2003
Bien chère Yolande, oh ! oui, très chère,
Votre lettre nous a bien émus, Sujata et moi, si peu de gens comprennent que nous sommes dans la « bataille du monde » et l’Enjeu pour cette espèce finissante – on ne va pas recommencer ces siècles malheureux avec ses bûchers, ses tueries, son Ignorance colossale. Dès que je suis sorti des camps pour entrer le Camp « humain » c’était un Non, une révolte (dans)si totale… Et alors, quelle grâce m’a conduit tout de suite à Sri Aurobindo et Mère ! Je m’émerveille tous les jours, sans Eux je me serais suicidé comme tant d’autres… pour recommencer encore, quoi ? En fait ces horreurs nous à trouver obligeaient cette réponse à nos millénaires de peine absurde. Je remercie le Destin qui m’a fabriqué ainsiavec l’amour de la Mer et ses rochers écumants où je me serais volontiers noyé et ma propre Mère qui m’a fait breton et obstiné, car l’Horreur de nos jours présents m’a fait désespérément chercher le Moyen de changer matériellement cette espèce dite « humaine » en ce qu’elle contient sans le savoir. Toute ma vie est ce Cri-là. Mère est partie, c’était inacceptable, il fallait trouver, continuer Leur Travail dans cette vieille carcasse qui va bientôt avoir 80 ans… Je suis prêt à « durer et endurer » pendant 8000 ans s’il le faut – Dieu veuille que ce soit « cette fois-ci » comme l’a dit Sri Aurobindo. Je me moque de toutes les sagesses du monde pourvu que je sois un Nouveau Vivant dans un corps Nouveau et sur une Terre de Vérité. Et je n’ai pas besoin de tous leurs succès qui sont toujours une vieille faillite, je n’ai pas besoin de « moi-je », j’ai besoin d’Autre Chose qui sera la plénitude et la joie de cette interminable Évolution qui doit bien débarquer « quelque part ». Oui, c’est une BATAILLE, quotidienne. Sri Aurobindo et Mère me l’avaient bien dit.
Juste aujourd’hui 21 septembre 2003 nous sommes à l’Equinoxe !
C’est le temps des grandes marées…
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Il n’est pas question de quitter l’Inde, c’est le champ de Bataille du prochain monde et de la Terre nouvelle et d’une Espèce nouvelle en cours de fabrication. C’est l’Inde même qu’il faut délivrer de ses « pythons » qui la trahissent et la rongent.
Savez-vous qu’une Cour Spéciale de l’Inde vient de condamner son plus grand homme spirituel sous prétexte qu’il « incitait à la violence », Murli Manohar Joshi qui voulait reconstruire le Temple sacré d’Ayodya malgré les Musulmans qui l’avaient envahi et démoli. Autant condamner de Gaulle qui avait « incité à la violence » contre Hitler.
Merci.
On vous aime avec tout notre cœur.
(Dernière lettre manuscrite de Satprem)
30 juin 2004
Chère, chère Yolande,
Bien que je ne puisse plus bien marcher ni rencontrer personne, vous êtes très présente dans nos cœurs et je pense à vous avec l’amour de Mère et de Sri Aurobindo.
Fidèlement.
Satprem, avec sa Sujata aimée de toujours.
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2 février 2005
(Extraits d’une discussion enregistrée entre Satprem,
Sujata et une troisième personne)
Écoutez, nous sommes le 2 février aujourd’hui.C’est le mois de Mère.
Le mois de mère… C’est l’anniversaire de Champaklal aussi.
Et puis avec Yolande, nous avions parlé le 27 janvier, et à partir du 28 je voulais vous poser ces questions. Yolande, comme
vous savez, c’est une force positive – une énergie, plutôt que
force – énergie positive.Oui. Positif, c’est bien, alors qu’il y a plein de négativité partout dans le monde !
Partout. Or elle, comme nous tous, n’est-ce pas, nous voyons
l’état du monde : exactement, c’est plein de négativité, de
choses négatives, et de plus en plus négatives. C’est un grand
assaut sur le Travail que vous êtes en train de faire.C’est un grand assaut sur la Terre.
Absolument. Et alors ceux qui connaissent Sri Aurobindo et
Mère, et puis vous…Oh oui ! Sri Aurobindo, je connais, j’aime bien ! C’est lui qui voulait marier la Terre au Ciel.
Alors elle me disait comme cela, n’est-ce pas, que ce que vous
faites, c’est notre seul espoir.Oh ! mon Dieu !
Parce que c’est… (je dis avec mes propres paroles, mais c’est
le sens qu’il y avait) ce Pouvoir d’action de Sri Aurobindo et
la Nouvelle Évolution qui vient derrière. Or, nous tous nous
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pensons que le Travail que vous faites, c’est le seul espoir pour
renverser …Le travail que je fais…
(Désespérément, d’ailleurs) Alors, elle, en très peu de mots (et
aussi elle m’a dit que c’est le moment en France où on parle
beaucoup des camps de concentration : ceux qui sont restés
vont visiter des écoles ou des endroits comme cela, parler …)Ceux qui sont restés… qu’est-ce qui reste ?
Elle dit que vous aviez dit à Frédéric de Towarnicki dans
« Sept jours en Inde avec Satprem »… Vous aviez dit que
c’était une grande grâce, c’était une grâce énorme et que
subitement vous aviez senti une joie, vous vous souvenez de
ça ? Je dis un peu comme cela, mais elle avait dit beaucoup
mieux que tout ça. Et puis on voit l’état du monde, l’état
surtout politique… Alors voici sa question précise : entre la
folie Amérique et l’Europe en morceaux…Ah oui !
… au-delà de l’Asie et de ses infinies misères…Ah oui !
… où est l’homme d’aujourd’hui et l’Action dont parle Sri
Aurobindo ?L’homme d’aujourd’hui, il est dans la crasse du Mensonge. Ça c’est désespérant…
Mais précisément, c’est cela, Yolande cherche un point de
lumière entre tout ça. Comment peut-on s’ouvrir au Pouvoir
de la Vérité, de la Conscience, et le vivre ?Le vivre on peut.
Alors, voilà sa question, maintenant si vous vouliez bien
répondre : comment vivre ?Comment vivre ? Il faut sortir de ce monde pour vivre la Vérité. Pour vivre la Vérité, il faut un courage immense. On
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peut voir cette planète, cette misérable planète de beaucoup de façons. Il y a mille façons de regarder.
Comme les astronautes de leur… et les fourmis par terre ?Oui, on peut la regarder cette planète, cette misérable et mystérieuse planète, d’une façon aérienne, oui. Ou d’une façon… Yolande était l’épouse du Secrétaire Général d’Air France, d’une ligne aérienne. On peut la regarder d’une façon aérienne, on peut la regarder d’une façon médicale, on peut la regarder d’une façon culinaire, et on dirait que chacun veut bouffer cette terre, cette terre misérable. C’est plein de misères, la terre, et pourtant c’est le lieu d’un grand Mystère. Il peut y avoir une façon géologique de regarder la terre, la géologie ça m’a toujours intéressé. Et plus on regarde… Tout le monde se jette à l’assaut de cette Terre pour pouvoir la bouffer, tant qu’ils peuvent, financièrement ou médicalement, spirituellement et chacun veut la bouffer, veut se nourrir de cette Terre… Cette terre énigmatique parmi les étoiles, et c’est là où est le mystère le plus grand. Mais le pire des obstacles ou la pire des maladies, c’est la maladie religieuse soi-disant. La religieuse c’est la pire parce que toutes les religions ont bouffé la terre, chacune au nom de son dieu particulier, qu’il soit islamique ou chrétien ou que sais-je, c’est à qui voudra dominer le plus, bouffer le plus le voisin.
J’aime mieux la géologie. Ils veulent tous se nourrir de cette terre, cette mystérieuse planète sous les étoiles – il y a un grand mystère dans cette terre, il y a une grande contradiction dans cette terre. Elle devait être une terre de beauté, mais où est la beauté ? Elle voulait être musicale, mais où est la musique ? Ils se nourrissent tous très bien, ils sont tous des bouffeurs en vérité avec des prétentions américaines… Tout le monde est prétentieux, qui est-ce qu’il est en vérité ? Ce sont tous des faux-jetons, ce sont tous des faussaires…
Mais vous venez de dire – je peux interrompre une seconde ?
Vous avez dit que c’est une planète avec des contradictions…Oui, c’est plein de contradictions.
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Or, la question est : on sait où est arrivée la terre – tout ce que
vous venez de dire – la terre se trouve à ce point si misérable,
n’est-ce pas, c’est plein de misères…Alors qu’il y a une richesse extraordinaire !
Alors comment aller trouver cette richesse ? Où est l’autre
monde ?Ah ! Il faut creuser, creuser profond pour trouver. La vérité est au fond du trou. Au fond, il y a tout ce qui est là, il y a le Tout qui est là, le Divin-Tout qui est là. Qui a le courage de creuser jusqu’au fond ? Vous vous faites assassiner tout de suite, vous êtes ciblé tout de suite.
Mais Sri Aurobindo l’a fait, Mère l’a suivi, et vous continuez…Je ne sais pas ce que je continue.
Si !Il faut avoir du courage pour ne pas se suicider.
Mais quand on cherche, quand on commence, prend ce chemin, est-ce qu’il y a une question de suicide là-dedans ? Ou
c’est le contraire ? Non ?Ce n’est pas un suicide, c’est qu’ils veulent tuer ce mystère. C’est pour cela que Mère me disait : cache-toi ! Ne parle plus à personne, que personne ne sache même où tu habites… Celui-là : parce que celui-là il est tout de suite visé par toutes leur religions odieuses qui se parent au nom de « Dieu ». Le plus grand obstacle, ce sont les religions, le plus grand malheur ce sont les religions. Parce que chacun veut être le seul, le seul maître. Mère disait : le temps des religions est passé.
Sri Aurobindo disait que quand il y a ce re-surgissement de
tout, c’est que ça doit sortir de l’évolution. Quand il y a à ce
point – parce que ce ne sont que des religions maintenant !
Entre l’Islam et les chrétiens, c’est à qui peut posséder le plus,
psychologiquement, matériellement.
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Surtout matériellement. Chacun veut être le maître.
… à qui veut faire, comme le Pape a dit : la récolte des âmes.Où est l’âme là-dedans ?
Ça je ne discute pas, je ne veux pas savoir, mais ce que je veux
savoir vraiment : tout ça on connait, n’est-ce pas, mais au
point où c’est aujourd’hui, si cette question n’est pas résolue,
quelle sera la destinée de la terre ? Est-ce qu’elle sera résolue
de façon claire – que c’est le divin qui prend possession de sa
création, ou bien il laisse tout aller comme ça ?
Pourquoi a-t-il créé ce monde s’il veut laisser …Il l’a créé pour la Joie et l’Amour.
Oui, joie et amour, mais où se trouvent la joie et l’amour ? Si
vous parlez de l’amour, c’est la passion et le sexe, il n’y a pas
d’amour là-dedans !Oh non !
Alors ? L’homme déforme tout, n’est-ce pas, dans sa conscience
tout est déformé. Alors, notre question, on sait : arrivé à ce
point d’aujourd’hui, est-ce que le Divin va laisser tout tomber et continuer cette pourriture et cette destruction ? Ou bien
il prendra les choses en main et il donnera sa Lumière, sa
Conscience, il changera tout. Parce que le temps presse !Oh oui. Le temps presse. Il y a des âges derrière…
Oui, qui avaient tout préparé, et on est arrivés au point !On est arrivés au point où ça doit éclater. Si ça éclate, dans quoi va-t-on naviguer ? On arrive dans rien, ou dans un Rien inconnu. L’inconnu c’est le lieu du mystère. Tout est déjà connu. Ils croient qu’ils connaissent tout, qu’ils savent tout. Ils ne savent même pas ce qu’ils sont. Ils sont le tout de l’énigme de la joie et de la vérité. Moi je ne connais qu’une façon, c’est justement d’aller dans l’inconnu si on peut le supporter. Il y a eu – comment les appelle-t-on ? – des découvreurs. Eh bien les découvreurs, ils vont dans le mystère, ils vont dans l’inconnu,
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c’est très difficile de supporter, d’être sur deux pattes et de ne pas tomber en morceaux. Ils sont ciblés, ils sont la cible de tout ce qui ne veut pas. On voudrait les tuer, parce que c’est insupportable pour eux… On a essayé de me tuer combien de fois, depuis le départ de Mère ? Quand je suis allé dans les canyons de Nandanam, d’Auroville et ils ont essayé de m’assassiner : quand ces tueurs se sont trouvés devant moi, il est tombé sur moi un formidable silence. Si j’avais répondu le moins du monde à leurs menaces, ils m’auraient tué. Mais là, il y avait un tel silence qu’ils n’ont pas pu me tuer. Si j’avais tressailli le moins du monde, ils m’auraient tué, mais je les ai regardés d’un œil absolument tranquille et ils se sont enfuis. Ils ne pouvaient pas supporter ce silence, ils ne pouvaient pas, pouvaient pas. Qu’est-ce qu’il y avait d’autre au fond de ce silence ? Au fond de ce silence il y avait : TOI TU ES. Il y avait un être qui était ce qu’il est, pas une prétention, non. Il n’y avait aucune prétention là-dedans, pas de moi-je, il y avait un formidable « quoi » d’un être qui était ce qu’il est, qui était simplement ce qu’il est. Il n’y a rien de plus extraordinaire que d’être ce qu’on est. Le pire obstacle, la pire maladie du monde, ce sont les religions et on colle là-dessus toutes sortes de discours. Qui ne connait pas sa propre vérité, qui est une question justement, une formidable question qui contient son propre pouvoir, son propre pouvoir d’être ce qu’il est. Il ne peut pas y avoir de prétention là-dedans, c’est trop simple pour être supportable. Et quand les assassins sont partis, se sont enfuis sous ce regard silencieux, c’est après seulement que tout d’un coup mon cœur a éclaté. Dans cet inconnu silencieux, il y a un mystère là, au fond de soi-même, et un fond insondable, un fond sans limites, un formidable « quoi ? », « quoi ? ». On est un quoi qui crie, qui prie. Il faut le vivre, il faut le supporter. C’est pourquoi Mère disait : cache-toi, ne vois plus personne. C’est très dangereux d’être soi-même parce que tout le mystère des Âges on le porte en soi comme une boule terrible de feu… Il pourrait être plus que tenté… C’est très dangereux d’être ce qu’on est, c’est très insupportable. Si les hommes étaient devant cet être,
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sans doute ils ne pourraient pas supporter. Ils le tueraient tout de suite. Ça c’est le grand mystère de l’homme : qu’est-ce que c’est que ce Toi-là ? Qui est ce Toi-là ?
Alors ils disent Dieu – un mensonge de plus – parce que c’est tous les Dieux ensemble. Dans l’Inde qu’ils ont voulu inspirer, tellement inspirer, la vérité était très simple, trop simple. Alors il faut avoir le courage d’aller dans cette nullité qui est Tout, qui est tout ça… La seule chose qu’ils peuvent c’est être des conquérants, pas des petits égos, moi-je. Ils n’ont jamais su qui était ce Moi, alors ils les ont brûlés, ils les ont tués… Moi, on m’a mis je ne sais combien de fois sur le bûcher. Au bout de tous les bûchers, les tortures infernales, je sens qu’il y a ce Mystère insupportable. Le danger n’est pas ailleurs, il est là mais c’est très insupportable d’être ce que l’on est. C’est un homme qui n’est pas encore homme. Ils ont voulu bouffer ça… (…)
Mais quand même, l’évolution va vers cet inconnu…Ah oui. Toute l’évolution c’est justement pour trouver cet inconnu.
Alors, est-ce que ce n’est pas le moment ?Il y a un point où ça doit éclater.
Oui. Alors est-ce que nous ne sommes pas à ce point d’éclatement ?Oh ! Oui ! Il faut que tout cela soit englouti dans son propre mensonge, qu’on jaillisse dans autre chose.
Et comment, nous, les autres qui ne sommes pas encore cet
Être Nouveau, cet Inconnu comme vous l’appelez, comment
pouvons-nous faire pour… (Parce que nous avons cette aspiration de voir le changement de la terre), alors comment
pouvons-nous aider ? Nous faisons quoi ?Mais justement, en se posant le quoi à soi-même d’une façon si brûlante, si intense ! C’est très difficile de devenir ce qui n’existe pas encore.
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Mais ça doit exister quelque part, déjà ! Seulement nous ne
savons pas.Quelque part… oui. Eh bien, c’est dans ce quelque part inconnu, seul, que ça doit devenir dans le silence, un silence insupportable. Alors on est chacun une note d’un grand orchestre qui ne se connait pas encore. C’est seulement un appel. Pour ceux qui appellent de façon brûlante, ils peuvent le vivre, le devenir. Devenir ce que l’on est, c’est très difficile, il faut se cacher, il faut crier, crier tant que ce soit obligé, obligé d’être, ce que l’on est depuis toujours. Il faut une densité d’être qui est très insupportable. Parce qu’il n’y a qu’une chose qui est, il n’y en a pas trente-six. Une densité silencieuse et qui peut tout. C’est d’une simplicité insupportable, c’est le mystère de tous les âges qui est là, nu. Il n’y a pas de philosophie là-dessus, il n’y a pas de mots là-dessus. Ce n’est pas découvert, et ça se découvre, justement en soi-même… C’est pour ça que les tueurs dans les canyons n’ont pas supporté… Silencieux, c’est un rien si puissant. C’est ça qui n’est pas mesurable par nos moyens électroniques ou autres : quand ils ont mesuré à Genève, sur leur balance électronique, j’étais moi-même stupéfait du poids… C’était si lourd et si dense, et ça ne pouvait pas se mesurer. La seule chose qui se mesure là-dedans, qui elle, peut tout, c’est l’amour qui est immesurable.
C’est étrange ce que vous dites, ça recoupe avec des choses des
Upanishads et du Véda – certaines choses que vous avez dit
là, ça recoupe…Oh, ils disent TAD EKAM, cet UN-là… loin de leurs religions et de leur philosophie…
Pas question de religions, là : Un que beaucoup appellent par
différents noms, que les savants appellent par des noms différents. Mais aussi l’autre jour, vous m’aviez dit que la grande
loi de ce monde supramental, comme Sri Aurobindo l’appelle,
c’est qu’il n’y a pas d’opposition : c’est un monde où tout est
uni, en harmonie.
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Oui, c’est l’Harmonie.
C’est une Harmonie. Toute opposition est réconciliée là, et
cette Harmonie, ce doit être une musique merveilleuse !Mais oui ! Je l’ai entendue cette Musique ! Cette Musique merveilleuse… On peut éclater en sanglots divins…
Et pourtant tout ce que vous venez de dire, vous m’excusez,
si on regarde ce que vous venez de dire, c’est que c’est une
grande difficulté, une grande peine pour faire ce chemin. Mais
non ! Pourquoi ? Si on va vers le soleil, on va vers le Soleil !
Pourquoi toutes ces… comment dire, on parle d’assassinat, on
parle de se cacher, on parle de toutes les difficultés du monde,
mais si c’est un chemin ensoleillé, on va avec le sourire, avec
la joie dans le cœur, alors, moi, je ne comprends pas, il y a une
contradiction là.La contradiction, c’est ce qui n’est pas dans le Soleil, pas encore… dans la Musique ; pas encore cet Inconnu qui est la seule chose à crier et aimer insupportablement et qui devient ce qu’il appelle, qui devient en marchant… (…) Un appel qui fait être… C’est très épuisant… de devenir ce qui n’est pas encore, le faire être.
À chacun de chercher, de trouver secrètement (ce qu’il a toujours été). Voilà, que chacun trouve ce qu’il est…
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